La dermite estivale ou DERE (Dermite Estivale Récidivante des Equidés) est une pathologie courante et très handicapante pour le cheval. Elle apparaît chaque année entre mars et octobre, et les propriétaires de chevaux dermiteux savent combien il est difficile de lutter contre cette maladie envahissante. Pourtant, même s’il est impossible d’éradiquer complètement la maladie, il existe des mesures simples à appliquer pour limiter l’apparition des symptômes.

 

A quoi est due la dermite estivale ?


La dermite estivale est une maladie saisonnière, dépendant de l’activité de certains moucherons de la famille des Culicoïdes. Certains chevaux développent une réaction allergique aux piqûres de ces moucherons. Comme chez les moustiques, ce sont les femelles qui piquent. Les femelles Culicoïdes se nourrissent de sang ; lors de la piqûre, elles injectent d’abord leur salive, chargée d’anticoagulants. C’est une protéine de la salive qui est responsable de l’allergie. Cette maladie est donc non contagieuse, mais il semble que la sensibilité soit héréditaire. Certaines races sont aussi prédisposées : les Poneys, les Frisons ou les Pur-Sang Arabes. Les premières crises se déclarent souvent entre 2 et 4 ans et empirent d’une année sur l’autre.

 

Quels sont les symptômes de la dermite estivale ?


Les symptômes de la dermite estivale sont des lésions cutanées principalement localisées aux zones préférées des moucherons : l’encolure, la base de la queue, la tête et les oreilles. Les lésions évoluent de la façon suivante :
- La piqûre induit d’abord une réaction locale, des boutons rouges remplis de liquide ou papules se forment. Elles passent souvent inaperçues dans les poils
- Des démangeaisons apparaissent, le cheval se gratte, s’irrite, les poils de la queue et de la crinière sont cassés par le frottement
- Des lésions croûteuses de grattage se forment, la douleur est importante, le cheval est agité et nerveux
- La peau s’épaissie, le cheval s’amaigrit.
Notre rôle est donc d’empêcher les lésions de progresser et de devenir trop envahissantes.

 

Comment soulager un cheval atteint de dermite estivale ?


Les lésions sont là, c’est la première année que votre cheval déclare une dermite estivale et vous vous êtes fait surprendre. Il faut d’abord soulager votre cheval.
Désinfectez, tondez la crinière, douchez et appliquez des soins locaux sur les plaies : crème grasse qui forment une barrière en couche épaisse (attention toutefois à l’effet photosensibilisant de certains corps gras). Il se peut que votre vétérinaire vous prescrive des corticoïdes si les démangeaisons sont trop violentes.
Enfin, complémenter votre cheval en Oméga 3 pour leurs effets anti-inflammatoires et leurs bienfaits pour régénérer la peau. La phytothérapie offre aussi de nombreuses options : la Bardane, le Gaillet Gratton… Même si les plantes n’empêchent pas totalement les démangeaisons, elles les limitent de façon efficace.

 

Quelles sont les mesures de prévention ?


La prévention est la clé (comme souvent !) dans notre lutte contre la dermite estivale. Il va falloir limiter les moucherons ! Pour cela, il faut d’abord mettre en place des mesures environnementales :
- Réduire les zones humides, les eaux stagnantes, changer l’eau des abreuvoirs fréquemment
- Eviter de sortir les chevaux lors des périodes d’activité des Culicoïdes, à savoir à la tombée du jour et de la nuit
- Favoriser les plaines avec du vent, défavorable à l’activité des moucherons.
Ensuite, nous nous attacherons à empêcher les moucherons de piquer nos chevaux :
- Application de répulsifs à base d’huiles essentielles ou de produits chimiques type pyréthrinoïdes en cas de forte infestation
- Couvrir son cheval avec des couvertures d’été
- Mettre des moustiquaires à l’entrée des écuries.

Vous l’aurez compris, la dermite estivale est une maladie qui peut devenir omniprésente et gêner la vie quotidienne du cheval et du cavalier. Mais il existe de nombreuses mesures et soins à mettre en place pour limiter les dégâts.


Constance, Vétérinaire bonjour eustache

Cet article est écrit en collaboration avec le journal Le Cheval

La chronique d'Eustache